Jeudi 15 mai 2008

                                                                                       - 5 -

C'est sous un tunel verdoyant, à l'ombre des platanes que je vous fais entrer de nouveau à Béjaïa.
Cette jolie route y mène...

Mais c'est de montagne que je vous parle de nouveau, lorsque je suis dans la ville. Vous vous en souvenez certainement...
Une chaine montagneuse qui enserre presque Bajaïa. Comme si elle se trouvait entre des bras protecteurs.
Avant de connaître son nom, j'ai un peu taquiné mon guide et ami, afin qu'il me révèle son identité. Il avait oublié...
Une si belle couronne ainsi étalée, au delà du port de Béjaïa, et il ne connait pas son nom ?
Je n'en reste pas là.
Lors de l'une de nos sorties, je prends le parti de quérir l'information dans la rue. Ce sont trois aimables passantes qui me renseignent sur les Babors. Nous sommes sur un côté de rue, et une discussion s'engage. C'est ainsi que j'en apprends plus sur la ville, et son passé glorieux. Ces dames m'ont offert leurs plus beaux sourires, et un quart d'heure de leur coeur.
Je suis ravie d'en savoir plus que mon ami Rachid. Il m'attend plus haut dans la rue qui monte. Je lui livre le nom de cette montagne.
Comment aurais-je pu destabiliser un algérien à l'humour aiguisé et à la répartie facile ?
Voici sa réponse : "Lorsqu'on est payé comme une femme de ménage, on ne peut prétendre qu'à une connaissance de femme de ménage !"
C'était à l'époque de l'affaire "Outreau"... un parallèle avec la réponse du psychiatre qui avait entendu les enfants. Un fait d'actualité qui a fait le tour du monde. Et un psy pas très futé... dépassé par son manque d'objectivité.

Impossible de retenir le rire, sur une réflexion venant bien à propos. Il y en aura d'autres avec Rachid.

Tout écrire sur l'Algerie, même l'insolite... il n'y a aucune contre-indication.  Même dans les journaux locaux je retrouve une certaine liberté d'expression. De quoi s'interroger. Notre propre actualité n'est-elle pas parfois, dirigée par ceux à qui appartiennent les journaux ? Ici aussi, certaines informations subissent un détournement subtil. Ou un muselage.
Mais tout comme en France, il y a également des journalistes qui osent s'investir.

J'ai assisté à une situation incroyable un jour. Un dépôt de fonds dans une banque s'est fait avec  une simple voiture, arrivée discrétement. Et seulement deux hommes armés. J'ose espérer que tous ne se font pas de cette manière là.
Tout autour la foule circule, des badauds observent. C'est l'indifférence générale semble-il. Impassible quotidien. Un bracage de banque serait-il trop fatiguant en Algerie ? 
Une confiance inouie selon mon observation.

Dans la rue, les jeunes, les femmes, désirent parfois faire ma connaissance. Leurs yeux et leurs sourires me le disent. Ils ont l'habitude de me voir aux mêmes endroits, désormais. Ce sont d'heureuses rencontres d'un jour.
Chaleureux comportements. De quoi rendre l'oeil et le coeur pétillants. Mes journées sont remplies de joies.
Il est impossible de ne pas prendre des habitudes dans un tel cadre.
Le Bora-Bora est devenu le fast-food dans lequel je retourne m'installer chaque midi. Le restaurateur et son cuisinier savent offrir du sourire et de la joie à tous ceux qui arrivent dans cette toute petite salle. Le client, quel qu'il soit, y trouve sa place. Les sympapthiques regards auxquels nous avons droit défient l'entendement. Même Rachid y a pris goût. Le plaisir éprouvé est une évidence. On est toujours attiré par ce qui fait du bien, n'est-ce pas ?
C'est pour la même raison que je vais me poser au "Richelieu". Pour un ou deux thés, et parfois quelques heures d'écriture. C'est tout naturellement que mes pas me portent jusqu'à ce bar dont la salle est spacieuse.
Sa terrasse donne au dessus du port. Avec une vue d'ensemble sur les Babors. Ensuite, je fais mon voyage intérieur : laisser libre cour à mes pensées... De la dégustation pure !
A essayer absolument, si par Bajaïa vous allez !
Je serais injuste si je ne vous parlais pas du restaurant le "Palmier". Celui-ci nous ouvre ses menus, chaque soir. La réception est très agréable. Une fois de plus. Le cuisinier mijote de délicieuses soupes. Des repas très consistants, à volonté. Mais c'est la particularité du pays. Même à ce niveau là, on ne veut pas que le client quitte en ayant l'impression d'avoir faim.

Lors de mes rencontres, des sujets sérieux furent également abordés. Tel ceux concernant l'administration et ses pratiques. Obtenir des privilèges, ou ses seuls droits,  par le biais d'un certain racket est monnaie courante.
Il y a toujours le côté cool qui se mélange au grave. Ce qui prête à sourire. Lorsque le soleil est au rendez-vous, passer devant le Service des Impôts m'a permis de voir quelques agents administratifs en plein cure de soleil. Ils sortent une chaise à l'extérieur pour s'y poser. Pourquoi manquer la pause "soleil", alors qu'il y en a tant par ici ?
Un simple bronzage, ou bien une réunion au sommet, entre travailleurs besogneux ? Ambiance détendue en tout les cas. Une autre manière de dire que la vie doit être prise avec un peu de recul ?
J'ai interrogé sur la pratique... On m'a murmuré en confidence qu'en Algerie il y avait plus de soleil qu'en France. C'est bien connu, le soleil ça épuise. L'argument avait du poids.
J'ai aimé ! Et j'ai rit !
Il n'empêche qu'il y a aussi des personnes qui travaillent et qu'on ne paye pas toujours. Là non plus, il n'y a pas exception planètaire. Même en France, où l'abondance s'affiche, il y a des petits et des grands "Medef", qui ont poussé comme des champignons. Leurs pratiques révèlent d'autres tortueuses manières de bien s'en sortir sur le dos de leurs employés.

J'ai eu envie d'interroger sur la positivité "coloniale". C'était à l'ordre du jour. On en parlait suite à la position de la France durant un certain temps. Un groupe de jeunes gens rencontrés au "Richelieu", m'ont répondu depuis la hauteur de leur naïveté, ou de leur méconnaissance.
L'un d'entre eux regardait du côté des batiments que la France a laissé ici... Cette jeunesse qui ne rêve que de France, et qui l'imagine comme un "eldorado"... Ce jeune en sociologie a même pensé que travailler en Algerie cela équivaut à des travaux forcés.
Il est vrai qu'un diplôme, même en Algerie, n'ouvre pas automatiquement les portes d'un emploi. Le harcèlement au travail et les abus quand aux conditions de travail cela se passe aussi par ici. Tout comme en France et à l'échelle mondiale. Des patrons humains il y en a si peu... et des petits chefs tordus, ça pullule...
Je me suis tournée vers d'autres jeunes, et aussi leurs parents. Ceux qui ont connu la période coloniale. Cette jeunesse d'alors qui a traversé l'insupportable. Sans aucune aménité, ils se sont confiés.

Pourquoi a-t-on autant de mal à essayer d'analyser au plus juste ? Car là, on peut arriver à influencer la pensée. Comment peut-on seulement imaginer que la colonisation est positive ?
Remonter dans le temps, c'est démarrer depuis nos deux guerres mondiales. Nous n'irons pas plus loin dans l'analyse, pour l'instant.
On a un peu trop vite oublié que des hommes furent enrolés à coups de chantage, ou par obligation. Tous ne voulaient pas faire la guerre. Fuir en France était plus utopique que réellement la solution à la violence subit dans son propre pays. La France s'est emparée de tous ces hommes qui refusaient une situation intolérable dans leur pays. Dont l'Espagne est l'un de ces exemples. Se retrouver dans un camp de concentration en France n'était vraiment pas la liberté et la protection dont tous ces hommes recherchaient. L'asile politique c'était du donnant-donnant. La France exigeait une contrepartie. Participation à l'effort de guerre, contre l'ouverture de la frontière. Autrement dit, pour l'espagnol, renvoi immédiat chez Franco, avec tout ce que cela sous entendait.
La positivité dans toute sa splendeur !

Et on a répété cela à l'envie avec l'Afrique. Dont l'Afrique du Nord. Une page d'histoire peu honorable.
Au sortir de la guerre, certains se souviennent encore du massacre de Sétif. Se vouloir autonome ou indépendant était synonyme de répression. Ces hommes tombés pour la France, ou rescapés, ont commencé à avoir leur récompense pour leurs bons et loyaux services.
Et puis l'Algerie a commencé à imposer sa reconnaissance algerienne. Il désiraient leur indépendance. Une urgence pour ce peuple si cruellement privé de tout. Certains colons furent, il est vrai, de braves personnes, bien qu'on puisse laisser cela à l'apréciation des seuls intéressés. La majorité silencieuse ne pouvait se prévaloir d'un tel contexte.
Pour eux, la vie quotidienne n'était vraiment pas de la poèsie.
Un simple rappel sur une évidence : l'illétrisme était important au sortir des années 60. C'était pratiquement tout un peuple qui en a été affecté. Seuls quelques privilégiés pouvaient espérer une scolarisation. Cette génération d'enfants fut privée de l'essentiel : le savoir.
L'instruction n'était pas vraiment l'objectif du colon, pour celui qu'il nommait "son indigène". Par contre, l'ouvrier corvéable à merci, était une généralité. Quand aux enfants qui étudiaient, ils n'avaient en général, pas de cartables. Ni de livres. Tout restait en classe. Aucune aide possible pour obtenir les cahiers ou les livres. La plupart de ces enfants descendaient de leurs villages, pour la richesse de la connaissance intellectuelle. Ils arrivaient le ventre vide. Très peu d'écoles s'inquiétaient de leurs besoins physiques. Sans repas le midi, ils devaient donc attendre leur retour chez eux, le soir venu, pour consommer le seul repas possible de la journée.
L'hiver ils n'avaient pas de quoi se réchauffer. Pas plus de vêtements qui auraient pu les protéger contre la rudeur de la température. Cetains avaient des bottes en plastiques, qui ne les protêgeaient pas du froid, ou de la pluie.
Mais le sort des parents n'était pas meilleurs. Ils travaillaient dur toute la journée pour obtenir un salaire misérable. Ou bien des produits de première nécessité. Ces enfants ont subi un traitement douloureux.
J'ai interrogé l'un d'eux, sur la positivité dont se réclame la France, et cet homme m'a répondu : "l'Etat Civil" !
Il y avait de quoi sourire avec lui, lorsqu'on sait les tracas que peut nous causer l'administration...
Oui, on peut estimer qu'enlever des terres à ses vrais propriétaires est un signe positif !

Cet homme, ce professeur, m'a ainsi résumé ses souvenirs sur l'étrange époque qu'il a vécu :



                                                                                                                                                  ... / ...


par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Jeudi 15 mai 2008

                                                                                              - 4 -

Mais avant mon arrivée à Béjaïa et mon émerveillement devant cette ville, il me reste encore une anecdote sur Bouira. Ainsi que mon passage à Lakhdaria.
Dans ma tête se bousculent encore aujourd'hui, tous mes souvenirs. Ils viennent régulièrement, s'installent un instant, puis repartent jusqu'à un autre jour. Les images aussi s'imposent...

Le vendredi à Bouira, c'est une nette diminution de la foule.
Rachid est dans sa famille. J'en profite pour quitter la ville, tôt le matin, pour me diriger vers une campagne inconnue. Je grimpe un chemin qui me conduit vers une certaine hauteur. Sur le pas des maisons, et des cafés ouverts, on remarque mon passage. Vous pensez bien qu'on s'interroge sur ma venue dans le quartier.
J'ai choisi les hauteurs afin d'avoir une vue d'ensemble sur le paysage. Et quel paysage !
La majestueuse chaine du Djurdjura m'apparait dans toute sa splendeur. Couronnée de nuages épais, gris, mélangés aux blancx. Ils semblent en arrêt.
Ils stationnent pour y déposer sans doute leur marque humide. Pluie ou neige selon la température. Durant la nuit il a plut. Mais là, c'est de soleil que la journée me parle, entre deux passages nuageux. Le ciel affiche un bleu transparent. Je continue de grimper. Les passereaux s'échappent sur mon passage. La route boueuse me conduit à un sommet, d'où la plaine et les montagnes environnantes me livrent leur secret millénaire. Immuable beauté verdoyante, tons sur tons.
Des villages éloignés s'agrippent aux flancs escarpés. Depuis ce lieu paisible je ressens moi-même cet appel vers le bas, qui rejoint la plaine. Bouira, telle une joyeuse mariée, laisse l'éclat de ses blancs et de ses roses, venir butter contre mon regard avide de dévorer ses beautés.
Je n'ai pu m'empêcher de marcher encore, à la recherche de cadres plus époustoufflants.
Comment retenir le moment présent pour le ramener avec moi ?
Toute à mon occupation mentale, je ne me rends pas compte qu'on s'approche de moi. Un homme m'interpelle. Il me demande la raison de ma présence en ces lieux. J'apprends très vite que c'est un gendarme en civil. Je viens de passer devant la gendarmerie, sans même m'en  rendre compte.
Je lui explique pourquoi je suis en Algerie. Il me demande de le suivre jusqu'au poste, car il faut que j'explique ma présence au responsable. A l'intérieur je suis accueillie par un monsieur sympathique qui m'interroge à son tour. Il réclame mes papiers, bien sur. Puis il téléphone à Bouira à son supérieur. Je dois attendre son arrivée.
Vingt minutes plus tard, le gradé arrive en voiture, conduite par son chauffeur.
Il m'explique qu'il y va de ma sécurité. Qu'il y a des usages à respecter. Il m'apprend aussi que je me trouve à 10 kilomètres de Bouira. Protection oblige, il me fait monter dans la voiture de fonction, et m'emporte à la gendarmerie de Bouira. Il me fait visiter le batiment, qui, m'explique-t-il, fut construit du temps de la France, en 1958. On me sert un thé, on parle souvenir. Il lit quelques pages de ce que j'écris sur son pays. Il me présente son fils et sa fille avec beaucoup de fierté. Ils viennent parfois rendre visite à leur père, après l'école. Deux jeunes enfants habitués des lieux, cela se voit.
Pendant ce temps, mon passeport voyage. On l'interroge. Une protection réciproque... je suppose.
On me le rend sur la promesse de repasser le voir, avant de quitter l'Algerie. Il voulait m'offrir un livre qu'il n'avait pas sur place, mais qui datait... Je n'ai malheureusement pas eu le temps matériel de revoir ce charmant monsieur.
Lorsque la confiance s'installe, les algeriens sont très chaleureux avec leurs semblables. L'hospitalité algérienne m'impressionne. Au delà des mots, il y a une vraie présence amicale.
Me voilà avec une nouvelle invitation en main, en cas de besoin, puisqu'il me donne son numéro de téléphone avant que je ne le quitte. La gendarmerie me garantie sa protection. Un échange qui me fait sourire aujourd'hui encore. Ma curiosité me pousse parfois dans des situations assez inatendues.
Je me dois de vous remercier Monsieur, pour votre prévenance et votre gentillesse, si bien dissimulée sous votre tenue réglementaire !

L'après-midi je flâne dans le centre de Bouira. Je rentre  ensuite dans un salon de thé. Une autre surprise.
Comme j'en aurais tant d'autres. Que je ne pourrais relater.
Engager une conversation est chose facile ici.
En l'espace d'une seule heure, j'ai pu connaitre une partie de la vie de l'homme qui me sert une boisson et une patisserie. Il me parle de son envie de quitter l'Algerie. Arguments à l'appui, il est prêt à tous les sacrifices pour poser ses pas ailleurs. Il réclame mon aide. Malheureusement, lui  dit-je, je n'ai aucun pouvoir pour cela.
J'essaie de le raisonner, bien que je comprenne son mal être.
La corruption de l'administration est ce qui fait le plus souffrir cet homme. Et sa vie n'est effectivement pas chose facile. Tout comme pour tant d'autres.
Mais nos "cols blancs" français ont de quoi ressembler parfois, eux aussi, à ceux qui ont poussé en Algerie, ou ailleurs. Comme quoi... les pots de vins sont de grands voyageurs.
Je finis ma journée dans un cyber pour envoyer quelques courriers.
C'est ensuite dans la chambre de mon hotel que j'attends la nuit... en écrivant quelques pages. Chose que je ferais chaque jour. Pas d'appareil photo, mais un stylo et un cahier. Pour ne pas perdre une seule miette.
J'ai aimé ce vendredi là...

Réveil brusque sur le grondement sourd et continu du tonnerre. Claquements répétés, froissements. Comme si on agitait de la tôle... L'orage approche. Je le suppose au dessus du Djurdjura. Ma montagne doit être cachée sous une épaisseur de nuages lourds. Des éclairs zèbrent le ciel, et laissent des traces lumineuses. Une pluie violente, saccadée, s'installe sur la ville encore endormie. Une pluie qui ne cessera pas durant la matinée à venir.
Que fait-on dans une ville où les trottoirs sont boueux et glissants  ? 
On n'hésite plus. On sort. Comment, vous ne feriez pas cela ?
Mais moi, j'ai encore envie de découvrir.
Si vous pensez que les habitants des lieux restent bien gentiement chez eux, et bien vous vous tromprez.
Je retrouve de nouveau la grande foule de tous les autres jours, à vaquer à leurs occupations, ou bien à circuler sans but précis. Avec ou sans parapluie, les trottoirs sont ouverts aux marcheurs.
C'est au détour d'une rue, qu'en cette fin de samedi, alors que percent quelques rayons de soleil, que le Djurdjura se découvre à mes yeux. Impressionnante chaine. La voilà habillée d'une parure immaculée. On a l'impression qu'un voile léger a été laché sur elle, depuis l'espace. De la finesse dans le jeté. Chaque contour de ce joyau de la Kabylie s'offre à la manière d'une reine désirable. Capricieuse. Et qui veut qu'on l'admire. Quelle splendeur se dégage d'elle !
Son intention est d'éblouir. Et bien, c'est une réussite. On ne peut qu'aimer la rebelle.
Sur cette image, je me glisse dans ma chambre d'hotel.

Et l'aventure continue...
Cette fois-ci, je m'embarque pour la ville de Lakhdaria. Accueil plus que chaleureux chez une autre famille. Du plus grand au plus petit, ce ne sont que des bouffées d'échanges affectueux.
Encore une fois, on me traite comme l'amie perdue de vue, de longue date, mais qu'on n'a pas réussi à oublier. Une pluie de questions s'abat sur moi. Je ne suis pas la seule à être curieuse.
La simplicté à un niveau qui surprend. Je n'ai pas l'habitude en France. Des voisines se succèdent, pour le seul plaisir de faire connaissance avec la visiteuse de passage. Du rire plein la maison, dans les deux langues.
Du comique à ce niveau. Ces dames m'ont honoré de leur présence. Un passage obligé qui peut mettre à l'épreuve les moins avertis. Je me suis beaucoup amusée au milieu de ces belles femmes.
L'heure du repas et du retour des hommes emporte tout ce petit monde dans son propre foyer.
Chez Sekoura, le chef de famille, professeur dans un lycée proche, me présente ses hommages.
Quand à leur fils, Nourredine, entre lui et moi c'est le coup de foudre. C'est un enfant vif et plein d'énergie. Il s'attèle à m'expliquer son école, ses études, sa ville, depuis la hauteur de ses dix ans. De quoi remplir un livre. Du bavardage haut de gamme. Avec du rire plein les yeux, et le coeur. Une amitié durable s'installe...
L'heure des cours a emporté mon jeune compagnon. Mais je le retrouve à 16 heures, pour une autre partie de grande discussion. C'est avec lui que je vais prendre un bain de foule dans sa ville. Mon jeune guide a été à la hauteur. Ses explications animées m'ont tenue en éveil durant notre tour de la ville, entre oisifs et marchands en tout genre.
Chaleureuse soirée familiale. C'est dans ces moments là que l'ouverture sur les préoccupations de l'algerien est mise à nue.  Ainsi que ses sentiments sur certaines questions.
L'administration laxiste et abusive est souvent le propos. On me dit que certaines décisions administratives furent parfois antiéconomiques. Des dépenses absurdes comme on en voit aussi en France.
Des projets qui aboutissent dans des impasses.  Ou qui sont inutiles. Et confiés à des sociétés privées. Voilà que nous sommes en terrain de connaissance... c'est à se méprendre comme de l'autre côté de la Mediterranée.
Rachid (lui aussi s'appelle ainsi), m'explique qu'une commune aurait plus intérêt à employer l'argent de l'Etat pour faire travailler ceux qui habitent celle-ci. Le matériel lui appartenant en propre par la suite. Les tiers intervenants n'étant pas préparés aux intérêts de la dite commune. Cet homme sensé sait de quoi il parle. Un certain laisser-aller le désole.
Le second jour je me balade en compagnie de ma chère Sekoura. Une promenade qui nous conduit dans des lieux qu'elle n'aurait pas sillonné si je n'avais pas été là, me dit-elle.
L'occasion fait le laron...
Elle cherche des chaussures pour elle, mais elle rentre à la maison avec un blouson chaud pour son bébé.
Priorités d'une mère...
Au retour, nous faisons une visite à l'une de ses cousines. Une halte reposante, raffraichissante et joyeuse.
Mon séjour chez Sékoura fut prolongé, pour cause de visite chez l'une de ses amies, et voisine.
Cette femme là, elle a du tempérament, c'est le moins que je puisse dire en ce qui la concerne. C'est une femme magnifique. Ses enfants sont eux aussi d'une grande beauté brune. Une famille nombreuse. Et un joli bouquet de tendresse. Quel immense plaisir que d'écouter cette beauté aux grands yeux sombres. Elle me parle de son profond amour pour son mari. Huit enfants ce n'est pas une petite chose. Cette femme aime vraiment son homme, avec tout son corps. Ses yeux eux mêmes sont remplis de lui lorsqu'elle en parle. Un vrai cadeau pour l'oreille qui écoute. Vingt ans après, c'est de la magie.
Cette femme n'est pas un cas unique. Je m'amuse à interroger plusieurs femmes. C'est dans leurs yeux que je cueille en priorité, les réponses les plus surprenantes.
Ce qui ne sous-entend pas que le Paradis pour les femmes, se trouve de ce côté-ci seulement. 
Ce qui risque d'étonner, pour qui arrive avec ses petits préjugés sur les algeriennes. Aucun tabou sur le sujet.
Malheureusement la violence au foyer elle existe également...
Ce n'est tout de même pas l'Algerie qui en détient le monopole.
Chez Sekoura et sa famille, ma soirée s'est un peu prolongée après le repas. Photos de famille oblige. Je me laisse imprégner par l'ambiance familiale. C'est délicieux !
Je n'ai pas été privée de gâteries. Leur plaisir est de donner sans compter, le mien, celui de recevoir à ce moment là.
Comment résister ?

Puis je m'échappe pour une journée à Bouira, avant mon dit départ pour Béjaïa...  Précedemment raconté...



par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Dimanche 4 mai 2008

                                                                                    - 3 -

Rachid est venu me rejoindre de nouveau. Il me guidera à travers une autre ville.
La pluie nous surprend. Nous partons à la conquète d'une ville aux couleurs de l'humidité pour ce nouveau jour. Celle-ci me transperce. Mon esprit est tout de même vigilant. J'observe les moindres mouvements de mon entourage. Nous attendons un bus.
Pour ne pas se tromper de ligne, écouter "les maitres" du jeu. Pour les habitués, même s'ils ne savent quel bus prendre, leur oreille le leur indiquera. On se fait interpeller à la criée. On appelle le voyageur en hurlant le lieu de destination. Pour ceux qui n'ont pas bien compris, se servir de sa langue et demander. Le sourire est garanti avec le renseignement qui va avec.
Un fouilli organisé.
De la bonne humeur pour l'observateur.

Le voyage jusqu'à Béjaïa fut paisible. Notre chauffeur s'est montré raisonnable dans la conduite de son véhicule. Les passagers, tout comme je le remarquerais tout au long de mes voyages en bus,  sont d'une grande patience. On se laisse facilement couler dans le moule général.
De villes en villlages, le cadre se plante magique, pour réussir un trajet de trois heures. La chaine montagneuse du Djurdjura nous accompagne presque jusqu'aux portes de Béjaïa. C'est l'un des sommets qui m'aura le plus fait vibrer intérieurement. Il a une beauté majestueuse. Toujours porteuse d'une étole nuageuse, s'allongeant sans cesse. Quelle irréelle vision en découpe et ondulation.
Enfin, Béjaïa en escalier. Ville splendide s'agripant au flanc de sa montagne d'un vert au velours delicat.
Nous descendons du bus. L'hotel n'est qu'à quelques pas. Je découvre ce long cour menant jusqu'à la gare.
Un trottoir large, bordé de palmiers, au style provençal... C'est un enchantement.
Apès avoir déposé nos bagages dans nos chambres respectives, nous décidons de grimper jusqu'au cente de la ville.  C'est le coeur de la ville. Il palpite au rythme de ses habitants. Ce endroit est très porteur croyez-moi.
Il y a encore des traces de l'occident. On le repère très vite.
Grâcieuse ville où la beauté rime avec climat délicat.

L'Algerie a tant connu le pire, qu'elle sait aussi se contenter du moins pire. Etonnante adaptation.
Des images défilent et se confondent dans mon esprit. Adorable impression de la vie de tous les jours. Je contemple avec gourmandise les lieux.
Des enfants sortent de l'école et empruntent le chemin du retour. Sous une pluie fine. Ils dansent et rient, du même pas que les gouttes légères et aériennes. Pas besoin de parapluie pour ce genre de jeu. La joie est accrochée à leur coeur. Privilège de l'enfance en paix avec son environnement. Très peu de parents attendent à la sortie de l'école. Les enfants apprenent très tôt le courage, dans le pays.
Sur les terrasses de cafés, des vieux chaudement habillés dégustent leurs boissons chaudes. A leurs pieds, le trottoir est encore marqué par la bruine qui tombe lentement. Sous des parasols, d'autres hommes sont attablés et regardent le temps qui passe. Rien que de très normal en Algérie.

Béjaïa la belle !

Béjaïa la magnifique !

Le brouillard s'enroule, enveloppe, circule, s'élève puis ote son drapé. Une autre montagne se trouvera  à nue, dans les minutes qui suivront. Béjaïa offre son port et ses hauteurs sous le regard amoureux des passionnés  de la ville. Une bien délicieuse caresse visuelle.

Comment fonctionnent les services par ici ?  Notamment dans le domaine des transports ou de la restauration.
Une belle leçon de solidarité. Ou de savoir-vivre, à vous de choisir la formule. Voyez plutôt...
Les restaurants locaux, ou bien les fast-foods, ce sont les petits commerçants qui leur livrent leurs produits.
Et lorsqu'on connait les prix proposés pour un repas, je vous laisse deviner les prix pratiqués par celui qui vend sa marchandise.
Un repas complet revient à 150 DA. Ou 1,50 environ. Pain à volonté. J'ai trouvé des corbeilles débordantes posées sur les tables.
Je n'ai pas cotoyé les palaces ni les étoiles. Ce n'était pas le but de toute façon...
La pauvreté est criante ici aussi, mais elle ne répugne pas l'algérien. Il y fait face à sa manière.
Que l'un de ces petits se présente dans un restaurant ou un point nourriture, et il sera le bienvenu. Il n'a qu'à dire qu'il a faim pour qu'on lui remette un repas, ou un sandwich copieux. Certains restent même sur place pour consommer. J'ai remarqué cette particularité, à plusieurs reprises...
Ce matin, Rachid m'a fait prendre conscience d'un autre fait tout aussi sympathique.
Nous prenons un bus pour aller nous balader à Tichy. Deux enfants s'installent eux aussi. Lorsque le receveur vient prélever le montant du parcours, nos deux jeunes, d'une dizaine d'années, annoncent la couleur. Ils n'ont pas d'argent. Qu'à cela ne tienne, on leur dit que ce n'est pas grave.
Ils ne sont pas jetés des transports en commun. On ne prend pas leurs coordonnées pour leur alligner une amende. On ne les intimides pas non plus. On ne les humilie pas. Cela se fait discrètement.
Derrière nous, un homme demande s'il peut règler le lendemain. Ce n'est toujours pas un problème. Qu'il puisse ou non tenir sa promesse, c'est un détail pour le propriétaire du bus.
Ce qui serait grave me dit-on lorsque j'interroge, ce serait de jeter dehors les plus démunis. Même si parfois certains le font.
Je crois bien qu'en Algérie on sait bien plus soustraire que multiplier... On cromprend plus facilement le "moins", chez les autres.
En France, n'est ce pas la multiplication que l'on arrive le mieux à calculer ?
Je ne sais pas pourquoi on pense qu'une amende peut solutionner le problème de celui qui a du mal à s'acquiter du prix d'un voyage. Et c'est le même principe lorsqu'il y a une dette. On y ajoute le pourcentage qui va peser d'avantage au soucis précédent. Les intérêts peuvent avec le temps devenir supérieurs à la somme initiale.
N'est-ce pas ainsi que l'on calcule également la dette des pays pauvres ?
Géniale invention comptable !

Réclamer du pain dans une boulangerie lorsqu'on ne peut l'acheter est chose courante. Toujours ce lien de la solidarité qui n'est jamais trop court. Plus d'une fois j'ai assisté à cette jolie pratique qui se fait naturellement.
Quand à ceux qui ne font pas partis de cette chaine, personne ne leur en tient rigueur. On dit qu'ils devront voir avec leur conscience.

Tichy est une ville cotière très agréable. Telle qu'en rêvent les touristes en mal de beauté et de calme. Ce fut une balade toute simple, sous une pluie fine. Avec de belles tranches de rires.
Le retour se fait en bus puiqu'il y a tout de même pas mal de kilomètres depuis Béjaïa.
Nous tombons sur un chauffeur original. Musique "Rap" et gestes qui accompagnent la folie musicale.
Une vague impression de déjà vu... de l'autre côté de la Méditerranée.
Le receveur circule afin de venir chercher le montant du voyage. Rachid lui répond qu'il n'a pas d'argent. C'est la seconde fois qu'il fait cela, rien que pour me démontrer que c'est possible de dire qu'on a un soucis d'argent.
La réponse ne se fait pas attendre, bien que le monsieur ne croit pas du tout à cela.
Avec une note d'humour il dit à Rachid : "Et bien, je travaille aussi gratuitement à l'occasion".
Le flegme algérien n'est pas qu'une simple blague.  Il est réel !
Ils ont une phylosophie de la vie qui peut surprendre.

Une petite anecdote amusante, comme il y en a tant de ce côté-ci.
Il est question d'un vieux monsieur qui veut passer son permis de conduire. Voilà qu'il se présente pour la vingtième fois devant l'examinateur qui pense que cela ne peut pas durer plus longtemps. Il décide de lui poser la question la plus simple qui soit. Il veut qu'il obtienne son permis. Il veut surtout ne plus le revoir.
Voici la question :
"Voilà, tu te trouves à une intersexion. Il y a quatre voitures qui attendent de passer, avec la tienne comprise. Laquelle vas-tu laisser passer en premier ?"
"Tu sais cousin, à mon âge on n'est pas préssé... alors je les laisse toutes passer, puis je passe à mon tour"
Ce jour-là il a obtenu son permis.

Dans mon quartier, je vois parfois, des chiens élégants portant manteaux. En fourrure ou pas.
Ici, j'ai vu un chien vêtu d'un tee-shirt.
Du rire et de la bonne humeur assurés.

Aujourd'hui, la mer s'est assoupie comme un chat. Langoureusement. Le soleil la caresse et la fait scintiller tel un diamant.
La longue chaine montagneuse des Babors la serre dans ses bras, avec délicatesse. Matinée presque irréelle.
Puis j'ai surpris sa majesté le soleil en fin d'après midi, lorsqu'il s'est positionné du côté du couchant. Les rayons se sont accrochés aux crètes des sommets enneigés. Ils réfléchissent des éclats sur cette blancheur immaculée.
La Grande Bleue joue quand à elle, avec les nuances azurées. C'est l'heure des sorties pour quelques barques et bateaux de pêche. Une mer d'huile les accompagne dans leur glissade. Un bleu marine s'étend jusqu'à l'horizon mouvant.

Béjaïa se laisse embrasser par la somptueuse montagne des Babors. Le mauve et le rose se rejoignent au dessus de l'Ouest. Les forêts et les feuillus de la ville se sont vêtus de sombre. Le crépuscule va les jeter dans une pénombre qui gagne du terrain. L'horizon opposé s'embrase d'or et de paille. Une belle fluorescence de jaunes. Intenses instants plantant le décor. L'orange velours prend d'assaut les montagnes proches.
Les derniers éclats explosent avant de s'éteindre.

L'Algérie ne laisse pas indifférent. Tout peut se conjuguer... Paysages et habitants. Qui peut demeurer insensible ?

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par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Samedi 3 mai 2008

                                                                                        - 2 -

Bouira est une grande ville, avec une population dense, vive, jeune. Au flegme impressionnant, que l'on retrouve un peu partout en Algerie. Et parcourir le pays peut devenir le parcours le plus amusant qui soit.
Suivez-moi, je vais vous raconter. Ca vaut le détour !
Une anecdote...

Allant votre chemin, de villes en villes, sur une autoroute ou une route, les voitures se suivent ou se dépassent. Rien que de très normal. Mais ici, le chauffeur étant le maitre à bord, il peut aussi être un sacré magicien.
Une voiture peut tomber en panne sur la voie du milieu. Elle s'arrête donc par obligation. Tous ceux qui le suivent font de même, forcément. Le propriétaire du véhicule descend, ouvre le capot, là, en pleine circulation.
Derrière on comprend, et on contourne l'obstacle. On avance comme on peut. On s'infiltre entre deux voitures.  Ce qui veut dire que celui qui est parti à réparer son engin, n'a aucun problème.
On peut supposer, qu'un prochain jour cela arrivera à quelqu'un d'autre. C'est donc une chose habituelle, selon ma propre compréhension de ce qui se passe devant moi.
Vous vous verriez faire cela sur l'autoroute, même si on avance au ralenti ?

Les coups de claxons servent à avertir celui qui fait une erreur de conduite, à revenir dans le rang. Ce qui évitera l'accident pour cette fois-là. Mais les accidents sont nombreux ici aussi, on ne peut le nier.
Dans le centre ville, il peut arriver qu'on jongle avec un piéton qui se met à discuter au milieu de la chaussée, s"il rencontre un ami, ou un familier. J'ai vu des voitures attendre la fin de la conversation, ou alors on contourne lorsque cela est possible. On marche sur les trottoirs et hors trottoirs. On veille sur ce piéton qui n'a de loi que la sienne. Ce qui n'empêche sans doute pas l'accident là aussi. Mais en deux mois de balades à travers villes et villages, je n'ai rien observé de tel.
C'est ainsi, que depuis l'aéroport d'Alger j'ai rejoint Bouira. Bouira que j'ai parcouru et observé. Bouira qui m'a conquise pour le seul charme de ses habitants si peu préssés. Mais également par ces universitaires qui s'abreuvent à la source de la connaissance intellectuelle. Une jeunesse assoiffée de diplomes... pour une certaine liberté au bout des études. C'est cela qu'ils recherchent avant tout.
Les trottoirs sont bondés durant toute la journée. Les terrasses de cafés le sont tout autant.
Les chomeurs se réchauffent à la source d'un soleil clément. Ici on recherche sans cesse l'astre du jour. Un vrai cadeau pour les coeurs ! Les difficultés de la vie semblent être plus relativisées.  Ce que l'on appelerait l'insouciance dans notre société d'occidental. Je n'ai pas eu ce regard sur l'Algérie.
Moi j'appelle cela reconnaitre les limites qui nous sont imposées par le quotidien de la vie. Ou devant une situation qui nous échappe.
Le code soial c'est celui de la famile, ou de l'amitié, lorsqu'il est à l'oeuvre.
Il y a certes de vrais paresseux, et ceux qui manquent d'une vraie volonté. Ils apprenent à leur dépend que tout n'est pas aussi simple qu'ils le voudraient. Ils doivent donc assumer.
Le système "'débrouille" est presque la norme par ici. Comment faire autrement ?
Etre conscient des nécessités de la vie de tous les jours, génère un mode de vie simple.
La recherche du plus, ou l'envie de changer leur sort, entraine certains aux frontières des "ailleurs". Beaucoup de jeunes rêvent du mieux. L'appel du large est ce miroir aux allouettes qui leur fait braver la vie elle même.

Aujourd'hui, c'est le week-end algérien qui démarre. Je me trouve dans un minibus me conduisant à Boumerdès, ville se trouvant à plus de 70 kilomètres de Bouira. Un voyage turbulent, sur des routes qui le sont tout autant. Sans oublier que le chauffeur peut lui aussi l'être.
C'est l'inconnu qui nous attend, lorsqu'on démarre un tel voyage.
A l'intérieur du bus, c'est le calme assuré. Comme s'il n'y avait pas de route défoncée, de vitesse au plancher, ni même de dépassements, ni d'arrêts brusques.
C'est l'aventure... dont on ne sait jamais si on en reviendra.
S'attacher au paysage donne une autre dimension aux deux heures, parfois plus, que nous devons parcourir.
Lorsque la circulation se fait trop dense, le chauffeur peut même emprunter un raccourci, connu de lui seul.
Un détournement de bus pour un horaire à respecter ? Mais il n'y a pas d'horaire ici...  J'ai énormément rit à cette seule idée.
Je ne me pose plus de questions...
Quel chauffeur de bus oserait faire une manoeuvre peu sage, dans nos pays européens ? Les voyageurs s'allieraient pour une mutinerie. Point de révolte sur notre navire. Notre bus, changé en bascule, poursuit son chemin. Tout le monde fait confiance au capitaine.
A un détour de virage, me voilà aux prises avec un fond de toile pour paysage. Mon imagination vagabonde.
En cette heure, une brume flottante s'élève et circule entre les couloirs d'une chaine montagneuse. La vue plongeante sur les vallées encastrées me font vibrer d'émotion. Les monts se sont succédés jusqu'à Boumerdès, sans oublier les gorges sinueuses rencontrées. Mais ce léger brouillard embrassant Lakhdaria c'est assez impressionnant. Les orangeraies sont une invitation à la cueillette.
Mes souvenirs de petite voleuse en herbe s'impose. Mon enfance vient au devant de moi. Ce sont clins d'oeil remplis de sourires.
Voilà enfin Boumerdès. La ville nouvelle. Celle d'après le tremblement de terre de 2003. La ville qui a eu mal en son coeur.
Descente au terminus, près du grand marché où fourmille une foule compacte, criante, joyeuse. Marché que nous laissons, mon ami guide, et moi. On rejoint très vite le littoral. La Méditerranée s'offre dans son écrin turquoise. Un pur joyau sous les rayons du soleil. L'incessant ressac s'écrase, et meurt sur le sable fin. Je plonge mon regard sur l'horizon, là où les deux bleus se confondent. Ciel et mer. Boumerdès se serre entre les bras langoureux de la Méditerranée.
Nous longeons l'allée face à ce paysage marin. Les couples sont nombreux sur cette plage. Des instants de flirts ou de regards échangés. Les amoureux sont sur leur petit nuage de rêve. La jeunesse et son besoin légitime d'aimer. Hijab ou pas hijab, les jeunes filles se laissent conter fleurette.
Le temps de quelques photos devant l'objectif de Rachid, puis c'est la visite guidée de la Maison de la Culture. L'équivalent d'une médiathèque avec en plus des ateliers différents. Dans un espace immense. C'est ainsi que j'ai découvert des trésors artisanaux et des murs parés de décors magnifiques. On peut s'installer dans une grande salle de lecture, qui fait fonction d'atelier de dessin et de peinture, deux jours dans la semaine.
Une autre salle tient lieu de rendez-vous pour ceux qui aiment la musique occidentale, et orientale très moderne. Il y en a une qui accueille tous ceux qui goutent ou s'adonnent à la musique andalouse.
La poterie et bien d'autres activités ont une place importante également. Malheureusement je n'ai pas eu le temps de tout découvrir.
Une salle de conférence a attiré ma curiosité. J'ai ouvert la porte croyant qu'il n'y avait personne à l'intérieur. Ce jour-là, elle était occupée par de nombreuses femmes qui exprimaient des besoins particuliers. Si la séance n'avait pas déjà commencé, j'aurais bien pris place avec plaisir, au milieu de ces dames. Pour une écoute de coeur. La femme algérienne est très présente partout. Quel que soit son âge. Dans le pays, comme partout ailleurs, c'est une société d'homme, mais les femmes ont un réel droit de voix en Algérie. Rien d'étonnant à ce qu'elles tiennent meeting elles aussi.
De cette visite je retire que c'est une obligation, si un jour on se pose à Boumerdès. Ce détour culturel est un vrai délice. On en ressort enchanté.
Nous prenons ensuite notre repas dans un petit restaurant sympathique. Puis nous nous installons sur une terrasse de café, avec vue sur la mer. Un 20° de température ce jour là. Pour un 9 décembre, c'est tout de même pas mal.
Ainsi installé, on ne désire qu'une seule chose. S'imprêgner du moment présent. Mettre au fond de ses yeux tout ce qui fabrique de la douceur mentale. Je décroche, et je pars en maraude... j'oublie même que je suis accompagnée.
L'Algérie est généreuse avec le touriste. Les algériens aiment les français qui savent se fondre dans la masse. Ils aiment la France raisonnable. Elle lui tend un pont, afin de lui permettre de le traverser.
Que dit dame politique ?

L'heure du retour se présente. Un tout petit accident nous interpellent à Lakhdaria. Nous étions à l'arrêt, après un parcours sans problème. Nous avons eu la surprise un peu brutale, d'un fait bien original. Un camion a utilisé les freins de notre bus pour s'arrêter. Le choc à l'arrière de celui-ci ne fut pas trop violent, mais cela a mis le propriétaire du bus dans une rage folle. Ce qui peut se comprendre. Il est allé signifier sa grande colère à l'indélicat qui n'avait pas de freins. Ce que l'on m'a expliqué plus tard...
Que font les passagers dans un tel cas ? Pour ce qui est des hommes, ils se mêlent de ce qui ne les regarde pas, mais pour la bonne cause. Quelques uns d'entre eux rejoignent les deux colereux derrière le bus. On calme les esprits sans parti pris. On définit la somme à débourser pour les dommages causés. On va à la banque pour le retrait immédiat, on paye, puis on se quitte sans aucune bosse. Les assureurs dans le pays, bien souvent, ne savent pas ce que rembourser veut dire...
Durant cette pause obligatoire, l'un des voyageurs resté à l'intérieur avec nous, est allé acheter de l'eau en bouteille dans un magasin proche, pour l'offrir aux assoiffés probables. Il a tendu sa bouteille aux femmes et aux enfants. Certains ont accepté. C'est cela aussi l'Algérie. Le bon et le mauvais se mélangent.
De retour à Bouira sous un soleil très chaud, nous rencontrons le medecin chef qui me fut présenté le jour où je suis arrivée dans le village où il exerce. Il a arrêté sa voiture pour me proposer une place dans sa voiture, afin de m'accompagner jusqu'à mon hotel. J'ai opté pour la marche.
A Boumerdès, un ami de Rachid a lui aussi fait preuve de générosité, en m'offrant la clef de l'un de ses appartements, pour le temps de mes vacances.

Ma nuit sera peuplée de jolies choses sur le comportement des habitants de ce beau pays.

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par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Dimanche 27 avril 2008

Les pages qui vont suivre, relatent mes impressions sur l'Algerie d'aujourd'hui, dans une certaine proportion.
Je les ai écrites durant mon séjour en Algerie, de décembre 2005 à janvier 2006. Cinquante six journées à faire une touriste un peu particulière.
Il est évident que je ne pourrais en une seule fois déposer toutes mes pages d'écriture. Je vous les offrirais au fur et à mesure de mon temps disponible.
Elles seront numérotées. Vous ne perdrez donc pas le fil de votre lecture.
A présent, je vous laisse découvrir mes sujets de reflexions sur ce beau pays. Mais aussi tout mon parcours et mes coups de coeur...



                                                                                                    - 1 -

Enfin Marignane ! Le terminal de l'aéroport de Marseille est là pour l'accueil des passagers de tous les horizons.
En ce lundi 5 décembre ce n'est pas l'affluence débordante.
Après les formalités d'usages et le passage à la douane où une fouille au corps est de mise, je laisse ici mes enfants et la France. Ma fille et mon gendre me suivent du regard encore un peu...
De l'autre côté c'est déjà un peu l'Algérie lorsqu'en salle d'attente je m'installe. Il est 9h30 seulement, mais je ne suis pas gênée par ces trois heures d'attente à venir. Depuis mon poste d'observation, dans un coin du bar, c'est déjà le régal mental que de voir venir ou s'en aller ces passagers d'un jour.
Des rappels de départs sont donnés, chaque demi-heure. Alors, entre Djibouti et Tunis, en attendant mon avion via Alger, ce monde coloré autour de moi, sans se presser, s'adonne à ce jeu de patience commun. Je suis euphorique !
Une heure avant l'embarquement, je suis allée rejoindre la salle d'attente de la porte 14, où déjà, l'Algérie est très présente. Mon esprit s'est mis à vagabonder du côté du bled. Ce furent de la douceur mentale et de l'interrogation plein les yeux. Je me suis sentie à l'aise et comme déjà faisant partie intégrale avec ce peuple chaleureux. Des racines lointaines de par mon vécu algerien et sans doute cette double culture que l'on reçoit lorsqu'on passe ses premières vingt années dans le pays où l'on nait, étaient sans doute la cause de ma tranquile sérénité.
Le sourire et la bonne humeur ambiante sont entrainant. Et rassurant aussi. La France aurait besoin d'un peu de cette bonne humeur pour arriver à relativiser ses problèmes. Le sourire naturel manque un peu aux couleurs de la France.
Voilà qu'on nous invite à rejoindre l'accès à l'avion. J'ai fait  à l'instant la connaissance d'une dame charmante, durant le temps d'attente pour présenter nos passeports aux autorités douanières.
Elle m'invite à m'asseoir à ses côtés dans l'avion. C'est ainsi que nous avons pu échanger un peu de nous-mêmes. L'avocate et la Erémiste assises côte à côte.
Un peu plus d'une heure au dessus des nuages. La tête dans les hauteurs. Une mer immense ressemblant à de la crème chantilly, et qu'un magicien s'amuse à soulever. Ces nuages étaient d'une blancheur tenace, ourlés par endroits d'un bleu tendre. Entre ciel azuré et blanc éclatant, on pouvait imaginer le voyage de l'oiseau de fer.

Puis l'instant tant attendu m'est apparu au détour d'une masse nuageuse se désagrègeant. Les côtes algeriennes en minuscule tout d'abord. Un découpage des rives algeroises sous un soleil généreux.
C'est ainsi que je fus prise à la gorge par l'émotion. Un vertige psychologique s'est installé en moi. Puis un picotement sous mes paupières. Je n'ai pas réussi à retenir ces larmes trop vite échappées. Une explosion intérieure mais silencieuse.
Ce retour en arrière ne pouvait pas se présenter autrement.

L'atterissage se fait en douceur. Je quitte l'amie de passage qui s'éloigne en compagnie de sa soeur et de sa nièce qu'elle me présente. Je suis moi-même accueillie avec beaucoup de plaisir par mon contact et ami, Rachid. Il est suivi de prêt par son ami Omar, et l'un de ses neveux. Après quelques kilomètres Rachid m'annonce que je serais l'hôte de la famille de Omar. La décision est prise à mon insu, dans la voiture. Omar téléphone à sa mère pour lui dire qu'il arrive avec une invitée française. Il commande même le menu.
Fabuleuse hospitalité qui me laisse un peu sans réaction.
Personne ne me connait  et pourtant me voilà introduite dans l'une des premières familles que je vais cotoyer. Je me sens à l'aise dès le seuil d'entrée. Une telle démarche spontanée pour offrir sa maison, ça tient de la magie.
J'ai eu l'impression de les connaitre depuis plusieurs années tant ils m'ont fait un accueil hors horme. Dans un tel cas on ne peut que ressentir des sentiments très forts. L'hospitalité et la générosité ne sont pas surfaites dans le pays. Notre réalité d'européen est telle, que ceci dépasse l'entendement.
On m'a préparé une soupe gouteuse et un couscous qui fait les délices de mon palais. Si je les avais écouté, j'aurais mangé plus que de raison.
La soirée s'est écoulée délicieuse et chaleureuse, entourée  par la maman et sa fille. On m'a fait voir les photos de famille. Comme faisant partie de celle-ci. Il y eu quelques questions d'échangées. Ainsi a-t-on pu faire une connaissance plus précise. Avec la maman j'ai pu bavarder tard dans la nuit. Une telle communication est une vraie richesse.
La nuit fut pluvieuse.
Voilà pour ma première journée !

Je me réveille à six heures du matin. La maisonnée est toujours plongée dans son sommeil. Cela me permet d'être à l'écoute du moindre murmure intérieur ou extérieur. C'est le temps de la réflexion aussi, pour ces premières heures passées en terre amie.
Je rejoins la maitresse des lieux à sept heures. C'est une prolongation de la veille, autour d'un thé et des copies d'élèves. Je découvre que je suis en présence d'un professeur de français. Nous parlons élèves. Mais le plus étonnnant reste à venir. Elle m'invite à aller avec elle dans sa classe, pour assister à son cour.
Nous voilà parties sur les chemins boueux du village au nom chantant : Djebahia. C'est le jeu du souvenir dans ma tête. Mon enfance rejaillit. Ces ruelles que la pluie de la nuit a rendu boueusement chocolat m'en rappellent d'autres. A une autre époque... L'enfance d'il y a très longtemps. La force des images enfouies s'imposent.
Terrible retour en arrière !
C'est dans une école peu banale que je me retrouve avec mon amie Dahbia qui m'a servi de gouvernail. De classe en classe nous allons.
La première visitée, après que jai été brièvement présentée à l'enseignante, dont le cour était déjà engagé, est venue à notre rencontre pour me souhaiter la bienvenue. Les élèves se sont levés.  L'institutrice s'excuse pour l'embarras occasionné par la barrière de la langue. Sinon, me dit-elle elle aurait demandé à ses élèves de me chanter quelque chose pour me souhaiter la bienvenue. Un accueil comme on n'en voit plus.
J'ai été touchée. Quelle délicatesse dans l'esprit et le coeur. J'ai demandé s'il n'était pas possible que j'ai ma chanson dans la langue des enfants... Des fillettes se sont installées sur l'estrade pour me chanter un petit quelque chose. Des petites filles aux grands yeux sombres et d'une beauté brune. Des amours d'enfants fières de me montrer de quoi elles étaient capables. Leur plaisir fut le mien.
On ne peut rester indifférent devant de telles marques d'affection.
Il y a ici en Algerie un contexte qui ne trompe pas.
Assise au fond de la classe, comme une mauvaise élève, j'observe. J'ouvre grand mes yeux et mes oreilles.
La curiosité est le maitre d'oeuvre de cette heure et demi passée dans une classe de grands. C'est la première années d'apprentissage du français. La langue de Molière fait partie du programme scolaire. Vingt paires d'yeux me regardent durant le temps de la classe.  Je n'ai même pas été une gêne pour tout ce petit monde.
Ils ont été volontaire et spontanés pour répondre. Ils se sont engagés dans la phonétique. Leur professeur fait également travailler leur imaginaire. Excellente approche du français. Dont la lecture a une grande place.
La discipline en classe est excellente. Il existe un vrai respect de l'élève pour le professeur. Je suis pensive...
Le cour est donné sous la forme d'une histoire racontée. Elle fait travailler la mémoire de l'élève. La répétition pour une prononciation appuyée en fait également partie. J'ai l'impression d'assister à un cour de diction.
Les filles sont majoritairement plus spontanées que les garçons.
La conjugaison assure elle aussi l'excellence. L'enfant est pris en compte, individuellement, même s'il y a un travail de groupe à fournir. Presque toute la classe lève le doigt.
Lorsqu'un enfant fait une erreur de compréhension ou d'approche de la langue, pas d'humiliation à l'encontre de l'individu.
Une classe de vingt enfants qui veulent tous répondre... n'est ce pas fabuleux ? Le désir d'apprendre ici, c'est plus qu'une évidence. Comme dans toutes les classes du monde, il y a aussi le petit drôle qui essaie de donner le change, pour ne pas travailler.
Mais ils arriveront à maitriser l'art de la conjugaison française, c'est une certitude.
Le professeur se sert beaucoup du tableau. Excellente méthode pour la visualisation des phrases. Après l'apprentissage de la grammaire et de la conjugaison, l'application s'impose. On ouvre les cahiers. Travail de mémoire encore...
La professeur se montre encourageante avec les élèves. Positive dans ses remarques.
Touchants enfants au sourire accroché au coeur. C'est une classe énergique et pleine de bonne volonté que j'ai devant moi.
Merci Dahbia !
En France, il est requis de la part de l'observateur d'être un expert, ou bien il doit posséder une permission spéciale pour se poser dans une classe. Rien de tel ici. C'est presque le visiteur qui créé l'honneur. Une totale simplicité dans les rapports et dans l'accueil. On se sent très vite à l'aise dans l'approche. Point de secrets pour l'observateur qu'on n'attendait pas. Même le négatif est ouvert à tous.
La fin du cours a sonné. Il est dix heures trente. C'est l'heure du repas à la cantine pour le premier service. Le second se fera à treize heures. Les 600 élèves y sont conviés. J'ai été l'invitée particulière et d'honneur du Directeur de l'Etablissement. Ce fut un plaisir de partager un repas au parfum de viande de mouton en sauce. Je me retrouve à la table de ces dames. De la bonne humeur assurée. Les messieurs se trouve autour de la table voisine. Un régal à tous les niveaux. Un bon point pour cet échange unique.
Un grand merci pour le Directeur et les enseignants qui ont accepté mon intrusion.

Retour vers la maison de mes nouveaux amis. Chemin faisant, mon hôte m'informe gentillement de la vie des habitants, du voisinage... L'été il doit faire bon vivre en ce lieu.
Avant de rentrer, le détour obligé au dispensaire-hopital. Le medecin chef et la docteresse chirurgien-dentiste me sont présentés. Cette derniière est la cousine de Dahbia. Cette femme conjugue la beauté et la joie de vivre en même temps. Sa bonne humeur est communicative. Sa gentillesse est du même tempéramment que celui de Dahbia.
Le medecin m'invite à m'asseoir devant son bureau. Il me questionne sur mon point de vue sur l'Algérie d'aujourd'hui. Du moins, de l'aperçu de ce premier jour. Puis il pousse plus loin son investigation. Il me demande ce que je pense des femmes vêtues de leurs habits de musulmane. Comprenez le voile. Question pertinente et qui mérite une réponse honnête, quelle qu'elle soit. J'ai eu le plaisir de partager mon point de vue. Ici, on peut aussi parler de nos revenus, et de religon, sans aucun préjugé. 
Ils sont curieux. Ca tombe bien, moi aussi je suis curieuse . Le ton est vite donné pour peu qu'on soit ouvert au dialogue. J'ai eu affaire à des gens cultivés, mais simples. Ils écoutent favorablement tous les points de vue. Ne pas être d'accord ne signifie pas se montrer grossier.
On a l'écoute facile, et ensuite seulement, ils donnent leur point de vue. Ils ne font pas semblant de paraître. La psychologie n'a pas besoin de diplomes.
Les femmes algeriennes sont très courageuses. Elles savent concilier vie de famille et études, ou bien travail.
A quatorze heures, départ pour Bouira en compagnie de Rachid et de Omar. Omar nous offre une balade de quelques kilomètres aux alentours. Simplement pour le plaisir d'offrir une promenade à la visiteuse française.
Une école buissonnière qui m'a fait chaud au coeur.
Un petit circuit de campagne qui me donne une impression de déjà vu. Serait-je en Ardèche ?
Etonnant paysage d'arbustes, mélés à de la pierraille, des fourrés et quelques forêts éparses.
Vient ensuite la façade impressionnante d'une chaine montagneuse. Le Djurdjura s'étalant sur un côté à la maniière de larves qui s'écoulent. Gris velours en sont ses courbes. Une écharpe de nuages cotoneux, d'un blanc scintillant sous la caresse de rayons chauds, en ce mois de décembre.
Hauteur impressionnante qui invite le ciel à ouvrir ses écluses pour lacher son plumetis de flocons blancs vaporeux. Le découpage de cette majestueuse montagne est toute de rondeurs. On éprouve une seule envie... celle de faire une halte à ses pieds, et admirer toute la beauté qui s'en dégage.
L'escalader doit être une véritable histoire d'amour entre elle et celui qui essaie de la conquérir. Il faut prendre tout son temps pour l'observer et tirer toutes les nuances de sa beauté.
Les habitants de la région ont-ils conscience de cette présence majestueusement superbe ?

                                                                                                                                                                     ... / ...

par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Jeudi 24 avril 2008

Un jour une amie
De son coeur m'a donné
Touchée j'ai été
Pour l'honneur particulier
Et si ici je l'écris
C'est que de ces pages
Un bouquet de pensées je ferais

Un jour en Algérie
De mon voyage ramené
Les présents les plus jolis
Partout où je suis allée
C'est de sourires qu'il s'est agit

Comment résister
Devant la douceur de l'amitié
Où la générosité s'est réunie
Et avec l'hospitalité
De tendresse s'est habillée ?

Un jour une amie
Avec son coeur m'a dit
Qu'en son pays
La bienvenue je suis

Et aujourd'hui
Si en Algerie mon voyage poursuis
C'est pour d'autres amis aussi

Avec mon coeur je leur dis
Un grand merci !


                                            (A Bejaïa le 25 décembre 2005)


par Mariliane publié dans : Poétiquement votre communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Jeudi 24 avril 2008

Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'Algerie, voilà donc l'occasion d'essayer une petite escapade de ce côté là. Une plage où les turquoises se donnent rendez-vous, ou bien si vous préférez, un village tranquille, à quelques kilomètres de Tizi-Ouzou. J'ai donc cueilli pour vous, ces deux photos qui vous parlerons mieux que je ne le ferais. Si en plus on est sur place, alors là, c'est de la dégustation mentale...

Le tourisme se définit très souvent par rapport à la douceur de la saison. L'été, en général. Mais parfois, dans certains pays, le soleil est présent à d'autres moments. C'est ce qui se passe notamment en Algerie. Il n'y a que la température qui se fait plus froide en hiver, mais la douceur s'y balade malgré tout.
C'est ainsi que j'ai touché à une douce chaleur en décembre et janvier. Dans mes souvenirs, l'Algérie a toujours rimée avec soleil.
Il y a un peu plus de deux ans encore, lors de mes dernières vacances en Algerie, les mois cités furent agréables. Ensoleillés au possible. Un vrai délice pour l'esprit et le corps qui ne demandent qu'à se laisser aller à la paresse.
Je n'ai jamais fait de tourisme en groupe, de toute façon je n'aime pas... ce qui ne m'a pas empêché d'aller de villes en villes. Sans programme particulier. Des villes qui m'ont enchantées. Qui m'ont même fait tourner la tête.
Je n'ai pas fait de photos puisque je ne sais pas faire. En plus, je crois bien que sans appareil j'ai mieux profité de l'environnement qui se présentait à moi. Ma mémoire a gardé des images extraordinnaires.
Je pense qu'il m'aurait fallu plus de quatre mois pour parcourir et mieux connaitre certaines régions. Et en découvrir toutes les beautés.
Oui, je sais, je suis une gourmande. J'aurais fait les prolongations si j'avais pu.

Heureusement, il y a d'excellents photographes qui nous permettent de voyager dans leurs  pays respectifs.
Avec l'internet aujourd'hui, on arrive en peu de temps à faire de jolies visites vers des ailleurs qui chantent.
On peut ainsi aprécier les endroits qu'on aimerait mettre dans son bagage de touriste. Ou celui du flâneur, tout comme moi je l'ai fait.
Je vais donc vous permettre d'accéder à un site qui possède des photos merveilleuses sur l'Algerie. Ce photographe nous présente quelques villes et leurs environs avec beaucoup de charme. Il fait ressortir l'éclat de ces villes. Sans oublier leurs pages d'histoire. On ressent à travers ces photos un véritable amour pour ces villes et ces endroits parcourus.

Photos ou vidéos que vous pourrez parcourir. Dont le passé historique impressionnant ajoute une note tout à fait personnelle.
Prenons les chemins de Cherchell, Tipaza, Menaceur, Chenoua, Damous, Larhat, Messoulmoun... et tous ceux qui font parties de cette région, vous serez immédiatement pris dans le plaisir de la découverte. Sur une musique agréable, du cru...

Vous pourrez circuler dans les rues ressérées de la Casbah d'Alger, ensuite.
Des portes cloutées artistiquement décorées vous inviteront à pénêtrer à l'intérieur des cours. Des maisons accueillantes vous ouvriront leur intimité. De balcon en balcon vous pourrez aprécier les pièces de ces habitations, aux mystères d'antans. Un détour par la Casbah est une obligation lorsqu'on se pose à Alger.
C'est une merveilleuse balade.
Et si vous vous arrêtez à "Dar Rais Hamidou", vous aurez du plaisir à aller de pièces en pièces et aimer son architecture délicate. Des fresques magiques.De la couleur. De la lumière. Un éclat qui frappe les ciselures du travail artistique, posé sur les murs intérieurs.
Pour ceux qui sont attirés par les escaliers, les jolies portes et les patios, ils pourront en sortir éblouis par la visite, où les détails sont nombreux.
Alger la blanche vous permettra d'avoir un aperçu de la capitable et de certains de ses quartiers.
Vous verrez bomber le soleil sur le pétillant de la Méditerranée. Magique !
Sans perdre de vue cet azur, ou bien le turquoise de la mer baignée par les rayons.
Quelquefois, même la neige vient elle aussi caresser des palmiers dattiers.
Les avenues sont devenues trop petites avec toutes ces voitures sur la capitale. Vous caresserez du regard le port, que vous ne vous lasserez pas d'observer depuis les hauteurs d'Alger.
Les nuits sous le scintillement de la lune... du côté du Jardin d'Essai, en devient une merveille pour l'observateur.

Vous ne connaissez pas encore Constantine ? Ses nombreux ponts vous étonneront. C'est une ville accrochée sur ses rochers. Une culminance impressionante, mais d'une grande beauté. Ingénieuse architecture qui s'élance de rocher en rocher. On en serait presque étourdi. Une ville que l'on ne doit pas louper lors de son tour d'Algerie.
La mosquée est d'une composition artistque qui attire le regard.

Oran ! Une autre grande ville. Une ville charme et chic. Baignée par la Méditerranée aux bleus changeants. Il faut se promener dans ses avenues et rues. Puis marcher sur ses plages. On s'imprégne très vite de son humeur.
Une grande dame pleine de vie. Si en plus on va à sa rencontre en bateau, voilà qui vous permettra de l'approcher en douceur.

Quand au Sud algerien, ce désert impressionnant et magique, il vous transportera dans un monde de rêves. Ces dunes ressemblant plus à des vagues, semblent voyager avec le regard. Le mouvement est continu, et très coloré.
Superbe Sahara, où les villes oasis semblent sorties de l'imaginaire. Un vrai mirage enchanté... Rien que d'y penser, je suis prise d'une très forte envie d'être parmi les caravanes qui traversent ce désert.
Du sable à perte de vue, mais de la vie aussi. Les maisons elles-mêmes sont joliement construites. Elles en deviennent charmeuses, et collent  au cadre impressionnant.

Mais les mots seuls ne suffisent pas pour vous faire découvrir l'Algérie. Je serais incapable de vous décrire ce que l'on peut ressentir, avec justesse, lorsqu'on visite tout ces endroits merveilleux. Les images vous diront sans doute mieux que je ne sais le faire, qui est ce pays...
Vous pourrez comprendre de quoi je veux parler, en vous faufilant dans le site qui nous offre tant de beautés.
Il vous faudra un certain temps pour tout visiter, mais en le faisant graduellement, dès que vous aurez un peu de temps, vous gouterez à votre tour à ce pays. L'Algérie est encore une inconnue pour la majorité de ceux qui habitent ailleurs.

L'Algerie est un pays magnifique, aux facettes différentes.
Je vous laisse découvrir cela...
Vous n'aurez qu'à cliquer sur le lien que j'ai déposé sur la droite de mon blog. Il vous ouvrira les portes colorées et parfumées d'une Algérie qui pétille !
Le site se nomme : ALGERIACOLOR

Suivez le guide !






par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Mardi 22 avril 2008

Le printemps éclate
En pastels douceurs se déploie
Ses reflets envoie

Corolles s'envolent
Battent des ailes
Au milieu du feuillage
Embrassent les verts

Se serrent en volants
Dans leurs robes soie
Mannequins couleurs
Dansent en coeur

D'arbres en arbustes
Petites fleurs embaument
Chantent leur bonheur

Danseuses délicates
Dans les vallées et les prairies flamboient

Caresses velours
La nature murmure
Sa pétillante clarté
Aux promeneurs enchantés

Le printemps offre ses dégradés
Sur sa toile végétation
Foisonnantes compositions
Cueillir un brin de sourire
Sur les sentiers nature

par Mariliane publié dans : Poétiquement votre communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Mardi 22 avril 2008


Rien de tel pour faire un énorme plongeon dans ses souvenirs, que de flâner sur des photos. Mon retour en arrière date déjà de plus de deux ans.
J'ai laissé derrière mois tous ces mois qui me parlent presque chaque jour, de mon séjour en Algerie.

Un délicieux cocktail de couleurs, de mouvements et de bonne humeur.
En tournant les pages de toutes les images emportées, un retour mental s'est imposé dans toute sa fraicheur. Et peu importe le temps écoulé.
Je me revois dans tous ces endroits que j'avais investi. Savoureux souvenirs.
Tenez, par exemple, après un thé au "Richelieu", avec un ami, Rachid, nous prenions une ruelle, pour parcourir quelques lieux inconnus de moi. Passer devant une certaine boulangerie, c'était pour moi une trop forte tentation. Entrer était une quotidienne habitude. L'arôme du pain cuit circulait en liberté, pour attirer les goumandes comme moi. Je ressortais du magasin avec un pain, rond, moelleux, parfumé. Morceaux après morceaux, je le dévorais litteralement. Quand à Rachid, je me demande encore si je partageais avec lui... je crois bien que j'oubliais parfois.

L'estomac bien calé, c'est l'esprit en fête que je partais à l'assaut de Béjaïa. Dans cette ville on grimpe beaucoup. Il me fallait bien des forces...
Sous un ciel lumineux et chaud, Rachid toujours devant moi, à deux ou trois mètres quelquefois, nous partions à la conquète d'une ville qu'il connaissait si bien. Je revois même cet ami, les mains dans le dos, prenant très au sérieux son rôle de guide. Cette image m'amuse encore aujourd'hui.
Malgré cette distance avec la touriste que j'étais, il savait favorablement commenter les beautés de son pays.
Bien sur, c'était lui le photographe. Je crois bien que je ne sais pas faire. A chacun son truc, n'est ce pas ?
Je me suis contentée de mes pages blanches et de mon stylo. Je n'ai donc pas loupé une seule miette.

Le midi nous avions nos habitudes au "Bora-Bora", le petit fast-food où on servait des sardines grillées.
Je crois bien que je me suis gavée de ces petites bêtes.
Le restaurateur s'est vite habitué à notre présence. Il faut dire que ce personnage était d'une grande gentillesse... Assez timide, mais causant, dès qu'on lui tendait la perche. Un jour, Rachid lui a demandé si je pouvais me servir de sa cusine pour faire une pizza. Le monsieur n'a pas tout de suite compris. Ce qui ne l'a pas empêché d'accepter. Rachid voulait manger une pizza fabriquée par moi... Lorsque j'y repense, j'ai une forte envie de rire.
Je n'ai jamais fait cette pizza, évidemment.
A ! les sardines du "Bora-Bora", c'était quelque chose !
Ce petit coin restauration, à côté de la Mosquée et en face de la banque, était toujours plein.
Nous allions parfois ailleurs, autour de la place, pour goûter à d'autres façon de cuisiner. Mais nous ne pouvions nous empêcher de revenir au "Bora-Bora". C'était plus une question d'ambiance.

Le soir, c'est au restaurant "Le Palmier" que nous avions notre entrée.
Acceuil sympathique, et très chaleureux. Là je me suis régalée de leurs soupes. De copieuses soupes je dois dire. Ou de plats en sauce, dont celui du poulet aux olives, qui fit le plaisir de mon palais. Il y a ainsi des recettes...
De belles tranches de rigolades également, dans ce restaurant.
La veille de mon départ, une surprise m'attendait. Le restaurateur avait demandé à sa femme de nous préparer un couscous maison. Je me suis honteusement régalée. Je dois dire que ce fut un vrai festin.
Même les habitués du restaurant se sont payés d'une bonne tranche de jalousie. Je souris encore de la scène.
Quitter toutes ces personnes au grand coeur fut un déchirement.
Connaissez vous ici en France,  beaucoup de restaurants qui vous offrent un repas ? Ou une boulangerie, de la patisserie ? Ou les transports publics un tiquet de voyage ?
Cette générosité là on ne s'y attend pas toujours.
Le côté pratique de cet endroit fut qu'il était juste à côté de mon hotel.
Certains soirs je m'achetais de petites chose à grignotter, pour mes soirées lecture ou écriture. C'est ainsi que je m'installais sur un coin du lit à grignotter tout en écrivant. C'est Rachid qui me fit connaitre cette fichue habitude.
Il rejoignait sa propre chambre avec ces petits paquets grignottages.

Mes ressentis... Mes impressions... Mon esprit vagabondait toujours sur la journée qui venait de s'écouler. Avec dans les yeux le soleil du dehors. Ainsi que les bleus du ciel et de l'eau.
Un début d'hiver couleurs et parfums. Des températures défiant la météo. Les 20° et plus n'étaient pas rares.
J'ai également flâné en solitaire, lorsque Rachid était dans sa famille.
J'ai osé sortir des chemins battus. C'est ainsi que j'ai fait une escapade du côté de Jijel et ensuite à Taher.
A Bouira je me suis improvisée une échappée qui m'a valu une bien drôle d'anecdote.

Les familles avec lesquelles j'avais fait connaissances et chez lesquelles j'ai séjourné, me téléphonaient très régulièrement. On fut très protecteur avec moi. Tous ces amis voulaient savoir où j'étais et ce que je faisais. Et cela dépassait la simple curiosité. Ils étaient un peu inquiets, car j'avais après tout débarqué en solitaire en Algerie.
Mon esprit lui, était en paix. Il était vraiment tranquile. Sans aucune crainte.
Mon côté aventurière je crois bien qu'il me colle trop pour que j'ai pu éprouver un autre sentiment en Algerie.
Mon besoin d'espace et de grande curiosité, furent largement nourris.
J'ai rendu assez soucieux mes amis, je pense. Mais c'est Rachid qui l'était le plus je crois. Je me demande bien si ce n'est pas à cause de moi qu'il a pris des cheveux blancs.
Que de blague m'a-t-il raconté celui-ci. A la sauce algerienne, forcémment. A rire aux larmes. De la bonne humeur assurée. Je n'ai pas passé un seul jour sans rire...
Toutes les photos parcourues ont réveillé en moi la douceur de vivre, en terre algerienne, et au contact de gens généreux. Avec de bonnes doses d'humour.
J'ai observé les algeriens dans leur quotidien. Un vrai régal mental !



par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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Mardi 22 avril 2008

Tôt ce matin, ma première pensée fut pour mon amie prenant la route pour rejoindre Marseille. J'aurais aimé être quelque part dans sa valise. Elle a bien mérité ces vacances reposantes. Je ne sais si elle est déjà sur le bateau la menant en Algérie, mais je l'imagine voguant sur la Méditerranée. Le temps d'une traversée qui permet de réfléchir doucement, à tout ce qu'on peut trouver dès le débarquement. Peut être aussi, qu'elle vagabonde sur d'autres pensées.
Elle emporte avec elle des livres pour l'association de parents d'élèves, du côté d'Alger. Je suis bien contente qu'il puisse y avoir un tel lien. Etude et culture font bon ménage.
Le gros de notre cueillette se fera fin juin.
Voilà que j'ai pris aussi l'engagement de m'investir dans une association que nous créons, Zoulikha et moi.
Je ne sais pas ce qui nous attend, mais nous sommes embarquées pour un bon moment, à sillonner les mers de l'esprit et des coeurs. Et puisque Lycées et Collèges sont disposés à nous offrir leur surplus, ici en France, nous ne pouvons que nous sentir poussées à accepter tant de générosité. Pour en faire profiter largement, quelques écoles algeriennes.

Mais là tout de suite je suis en train de rêver que je me trouve à l'intérieur du café "Le Richelieu". A Bejaïa !
Les Babors courant sur la droite, en allongé. Une chaine montagneuse qui ne semble jamais finir. Elle enferme presque la ville. Une sorte d'étreinte chaleureuse.
J'éprouvais comme une envie de ne pas vouloir la regarder s'échapper, lorsque je l'observais. Cette montagne m'attirait comme un aimant. Chaque jour il fallait que je passe devant la place Gueydon afin de m'imprégner de cette merveilleuse présence. Majestueuse montagne. Et impressionnante ! Chaque jour caressée par des lumières différentes. Aux reflets pétillants, lorsque la neige se coulait en délicatesse. Une capture des rayons qu'elle réfléchissait, en éclats d'une beauté stupéfiante.
Ce sont les bleus de la Méditerranée qui lui donne le ton.

Quelle ville !
Même ses rues étaient criantes de luminosité.
Les habitants sont aussi chaleureux que leur soleil.
Ce ne furent plus des vacances, mais de la dégustation. Et aussi douce que le miel.
Parfumées comme le chèvrefeuille... Du vertige.

Voilà comment on peut ressentir l'Algerie, si jamais on y pose ses pieds.
Vous comprendrez pourquoi alors, ma tête est partie en vacances avec mon amie. Je crois que je vais la suivre pas à pas, durant cette journée.


par Mariliane publié dans : Voyages communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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  • : L'écriture me fait toujours voyager. Elle m'emporte sur les routes de l'Algerie, très souvent. Mon monde est peuplé d'imaginaire. L'humour a sa place dans mes échanges avec les autres. Je me pose volontier sur la lecture.

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