Les pages qui vont suivre, relatent mes impressions sur l'Algerie d'aujourd'hui, dans une certaine proportion.
Je les ai écrites durant mon séjour en Algerie, de décembre 2005 à janvier 2006. Cinquante six journées à faire une touriste un peu particulière.
Il est évident que je ne pourrais en une seule fois déposer toutes mes pages d'écriture. Je vous les offrirais au fur et à mesure de mon temps disponible.
Elles seront numérotées. Vous ne perdrez donc pas le fil de votre lecture.
A présent, je vous laisse découvrir mes sujets de reflexions sur ce beau pays. Mais aussi tout mon parcours et mes coups de coeur...
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Enfin Marignane ! Le terminal de l'aéroport de Marseille est là pour l'accueil des passagers de tous les horizons.
En ce lundi 5 décembre ce n'est pas l'affluence débordante.
Après les formalités d'usages et le passage à la douane où une fouille au corps est de mise, je laisse ici mes enfants et la France. Ma fille et mon gendre me suivent du regard encore un peu...
De l'autre côté c'est déjà un peu l'Algérie lorsqu'en salle d'attente je m'installe. Il est 9h30 seulement, mais je ne suis pas gênée par ces trois heures d'attente à venir. Depuis mon poste
d'observation, dans un coin du bar, c'est déjà le régal mental que de voir venir ou s'en aller ces passagers d'un jour.
Des rappels de départs sont donnés, chaque demi-heure. Alors, entre Djibouti et Tunis, en attendant mon avion via Alger, ce monde coloré autour de moi, sans se presser, s'adonne à ce jeu de
patience commun. Je suis euphorique !
Une heure avant l'embarquement, je suis allée rejoindre la salle d'attente de la porte 14, où déjà, l'Algérie est très présente. Mon esprit s'est mis à vagabonder du côté du bled. Ce furent de
la douceur mentale et de l'interrogation plein les yeux. Je me suis sentie à l'aise et comme déjà faisant partie intégrale avec ce peuple chaleureux. Des racines lointaines de par mon vécu algerien
et sans doute cette double culture que l'on reçoit lorsqu'on passe ses premières vingt années dans le pays où l'on nait, étaient sans doute la cause de ma tranquile sérénité.
Le sourire et la bonne humeur ambiante sont entrainant. Et rassurant aussi. La France aurait besoin d'un peu de cette bonne humeur pour arriver à relativiser ses problèmes. Le sourire naturel
manque un peu aux couleurs de la France.
Voilà qu'on nous invite à rejoindre l'accès à l'avion. J'ai fait à l'instant la connaissance d'une dame charmante, durant le temps d'attente pour présenter nos passeports aux autorités
douanières.
Elle m'invite à m'asseoir à ses côtés dans l'avion. C'est ainsi que nous avons pu échanger un peu de nous-mêmes. L'avocate et la Erémiste assises côte à côte.
Un peu plus d'une heure au dessus des nuages. La tête dans les hauteurs. Une mer immense ressemblant à de la crème chantilly, et qu'un magicien s'amuse à soulever. Ces nuages étaient d'une
blancheur tenace, ourlés par endroits d'un bleu tendre. Entre ciel azuré et blanc éclatant, on pouvait imaginer le voyage de l'oiseau de fer.
Puis l'instant tant attendu m'est apparu au détour d'une masse nuageuse se désagrègeant. Les côtes algeriennes en minuscule tout d'abord. Un découpage des rives algeroises sous un soleil
généreux.
C'est ainsi que je fus prise à la gorge par l'émotion. Un vertige psychologique s'est installé en moi. Puis un picotement sous mes paupières. Je n'ai pas réussi à retenir ces larmes trop vite
échappées. Une explosion intérieure mais silencieuse.
Ce retour en arrière ne pouvait pas se présenter autrement.
L'atterissage se fait en douceur. Je quitte l'amie de passage qui s'éloigne en compagnie de sa soeur et de sa nièce qu'elle me présente. Je suis moi-même accueillie avec beaucoup de
plaisir par mon contact et ami, Rachid. Il est suivi de prêt par son ami Omar, et l'un de ses neveux. Après quelques kilomètres Rachid m'annonce que je serais l'hôte de la famille de Omar. La
décision est prise à mon insu, dans la voiture. Omar téléphone à sa mère pour lui dire qu'il arrive avec une invitée française. Il commande même le menu.
Fabuleuse hospitalité qui me laisse un peu sans réaction.
Personne ne me connait et pourtant me voilà introduite dans l'une des premières familles que je vais cotoyer. Je me sens à l'aise dès le seuil d'entrée. Une telle démarche spontanée pour
offrir sa maison, ça tient de la magie.
J'ai eu l'impression de les connaitre depuis plusieurs années tant ils m'ont fait un accueil hors horme. Dans un tel cas on ne peut que ressentir des sentiments très forts. L'hospitalité et la
générosité ne sont pas surfaites dans le pays. Notre réalité d'européen est telle, que ceci dépasse l'entendement.
On m'a préparé une soupe gouteuse et un couscous qui fait les délices de mon palais. Si je les avais écouté, j'aurais mangé plus que de raison.
La soirée s'est écoulée délicieuse et chaleureuse, entourée par la maman et sa fille. On m'a fait voir les photos de famille. Comme faisant partie de celle-ci. Il y eu quelques questions
d'échangées. Ainsi a-t-on pu faire une connaissance plus précise. Avec la maman j'ai pu bavarder tard dans la nuit. Une telle communication est une vraie richesse.
La nuit fut pluvieuse.
Voilà pour ma première journée !
Je me réveille à six heures du matin. La maisonnée est toujours plongée dans son sommeil. Cela me permet d'être à l'écoute du moindre murmure intérieur ou extérieur. C'est le temps de la réflexion
aussi, pour ces premières heures passées en terre amie.
Je rejoins la maitresse des lieux à sept heures. C'est une prolongation de la veille, autour d'un thé et des copies d'élèves. Je découvre que je suis en présence d'un professeur de français. Nous
parlons élèves. Mais le plus étonnnant reste à venir. Elle m'invite à aller avec elle dans sa classe, pour assister à son cour.
Nous voilà parties sur les chemins boueux du village au nom chantant : Djebahia. C'est le jeu du souvenir dans ma tête. Mon enfance rejaillit. Ces ruelles que la pluie de la nuit a rendu
boueusement chocolat m'en rappellent d'autres. A une autre époque... L'enfance d'il y a très longtemps. La force des images enfouies s'imposent.
Terrible retour en arrière !
C'est dans une école peu banale que je me retrouve avec mon amie Dahbia qui m'a servi de gouvernail. De classe en classe nous allons.
La première visitée, après que jai été brièvement présentée à l'enseignante, dont le cour était déjà engagé, est venue à notre rencontre pour me souhaiter la bienvenue. Les élèves se sont
levés. L'institutrice s'excuse pour l'embarras occasionné par la barrière de la langue. Sinon, me dit-elle elle aurait demandé à ses élèves de me chanter quelque chose pour me souhaiter la
bienvenue. Un accueil comme on n'en voit plus.
J'ai été touchée. Quelle délicatesse dans l'esprit et le coeur. J'ai demandé s'il n'était pas possible que j'ai ma chanson dans la langue des enfants... Des fillettes se sont installées sur
l'estrade pour me chanter un petit quelque chose. Des petites filles aux grands yeux sombres et d'une beauté brune. Des amours d'enfants fières de me montrer de quoi elles étaient capables. Leur
plaisir fut le mien.
On ne peut rester indifférent devant de telles marques d'affection.
Il y a ici en Algerie un contexte qui ne trompe pas.
Assise au fond de la classe, comme une mauvaise élève, j'observe. J'ouvre grand mes yeux et mes oreilles.
La curiosité est le maitre d'oeuvre de cette heure et demi passée dans une classe de grands. C'est la première années d'apprentissage du français. La langue de Molière fait partie du programme
scolaire. Vingt paires d'yeux me regardent durant le temps de la classe. Je n'ai même pas été une gêne pour tout ce petit monde.
Ils ont été volontaire et spontanés pour répondre. Ils se sont engagés dans la phonétique. Leur professeur fait également travailler leur imaginaire. Excellente approche du français. Dont la
lecture a une grande place.
La discipline en classe est excellente. Il existe un vrai respect de l'élève pour le professeur. Je suis pensive...
Le cour est donné sous la forme d'une histoire racontée. Elle fait travailler la mémoire de l'élève. La répétition pour une prononciation appuyée en fait également partie. J'ai l'impression
d'assister à un cour de diction.
Les filles sont majoritairement plus spontanées que les garçons.
La conjugaison assure elle aussi l'excellence. L'enfant est pris en compte, individuellement, même s'il y a un travail de groupe à fournir. Presque toute la classe lève le doigt.
Lorsqu'un enfant fait une erreur de compréhension ou d'approche de la langue, pas d'humiliation à l'encontre de l'individu.
Une classe de vingt enfants qui veulent tous répondre... n'est ce pas fabuleux ? Le désir d'apprendre ici, c'est plus qu'une évidence. Comme dans toutes les classes du monde, il y a aussi le petit
drôle qui essaie de donner le change, pour ne pas travailler.
Mais ils arriveront à maitriser l'art de la conjugaison française, c'est une certitude.
Le professeur se sert beaucoup du tableau. Excellente méthode pour la visualisation des phrases. Après l'apprentissage de la grammaire et de la conjugaison, l'application s'impose. On ouvre les
cahiers. Travail de mémoire encore...
La professeur se montre encourageante avec les élèves. Positive dans ses remarques.
Touchants enfants au sourire accroché au coeur. C'est une classe énergique et pleine de bonne volonté que j'ai devant moi.
Merci Dahbia !
En France, il est requis de la part de l'observateur d'être un expert, ou bien il doit posséder une permission spéciale pour se poser dans une classe. Rien de tel ici. C'est presque le visiteur qui
créé l'honneur. Une totale simplicité dans les rapports et dans l'accueil. On se sent très vite à l'aise dans l'approche. Point de secrets pour l'observateur qu'on n'attendait pas. Même le négatif
est ouvert à tous.
La fin du cours a sonné. Il est dix heures trente. C'est l'heure du repas à la cantine pour le premier service. Le second se fera à treize heures. Les 600 élèves y sont conviés. J'ai été
l'invitée particulière et d'honneur du Directeur de l'Etablissement. Ce fut un plaisir de partager un repas au parfum de viande de mouton en sauce. Je me retrouve à la table de ces dames. De la
bonne humeur assurée. Les messieurs se trouve autour de la table voisine. Un régal à tous les niveaux. Un bon point pour cet échange unique.
Un grand merci pour le Directeur et les enseignants qui ont accepté mon intrusion.
Retour vers la maison de mes nouveaux amis. Chemin faisant, mon hôte m'informe gentillement de la vie des habitants, du voisinage... L'été il doit faire bon vivre en ce lieu.
Avant de rentrer, le détour obligé au dispensaire-hopital. Le medecin chef et la docteresse chirurgien-dentiste me sont présentés. Cette derniière est la cousine de Dahbia. Cette femme conjugue la
beauté et la joie de vivre en même temps. Sa bonne humeur est communicative. Sa gentillesse est du même tempéramment que celui de Dahbia.
Le medecin m'invite à m'asseoir devant son bureau. Il me questionne sur mon point de vue sur l'Algérie d'aujourd'hui. Du moins, de l'aperçu de ce premier jour. Puis il pousse plus loin
son investigation. Il me demande ce que je pense des femmes vêtues de leurs habits de musulmane. Comprenez le voile. Question pertinente et qui mérite une réponse honnête, quelle qu'elle soit.
J'ai eu le plaisir de partager mon point de vue. Ici, on peut aussi parler de nos revenus, et de religon, sans aucun préjugé.
Ils sont curieux. Ca tombe bien, moi aussi je suis curieuse . Le ton est vite donné pour peu qu'on soit ouvert au dialogue. J'ai eu affaire à des gens cultivés, mais simples. Ils
écoutent favorablement tous les points de vue. Ne pas être d'accord ne signifie pas se montrer grossier.
On a l'écoute facile, et ensuite seulement, ils donnent leur point de vue. Ils ne font pas semblant de paraître. La psychologie n'a pas besoin de diplomes.
Les femmes algeriennes sont très courageuses. Elles savent concilier vie de famille et études, ou bien travail.
A quatorze heures, départ pour Bouira en compagnie de Rachid et de Omar. Omar nous offre une balade de quelques kilomètres aux alentours. Simplement pour le plaisir d'offrir une promenade à la
visiteuse française.
Une école buissonnière qui m'a fait chaud au coeur.
Un petit circuit de campagne qui me donne une impression de déjà vu. Serait-je en Ardèche ?
Etonnant paysage d'arbustes, mélés à de la pierraille, des fourrés et quelques forêts éparses.
Vient ensuite la façade impressionnante d'une chaine montagneuse. Le Djurdjura s'étalant sur un côté à la maniière de larves qui s'écoulent. Gris velours en sont ses courbes. Une écharpe de nuages
cotoneux, d'un blanc scintillant sous la caresse de rayons chauds, en ce mois de décembre.
Hauteur impressionnante qui invite le ciel à ouvrir ses écluses pour lacher son plumetis de flocons blancs vaporeux. Le découpage de cette majestueuse montagne est toute de rondeurs. On éprouve une
seule envie... celle de faire une halte à ses pieds, et admirer toute la beauté qui s'en dégage.
L'escalader doit être une véritable histoire d'amour entre elle et celui qui essaie de la conquérir. Il faut prendre tout son temps pour l'observer et tirer toutes les nuances de sa beauté.
Les habitants de la région ont-ils conscience de cette présence majestueusement superbe ?
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L'Algérie avec le début que tu racontes me semble bien beau et surtout les gens que tu as rencontrés.
Je vais revenir car ce pays m'intéresse beaucoup même si j'en ai un peu peur.
Je vais suivre ce blog pour un bon bout de temps je pense.
Bonsoir mariliane et A+