Mardi 5 août 2008

A présent, lorsque je pense à l'Algerie, c'est ainsi que dans ma tête se présente ce coin de terre.

Tel l'éclat finissant qui se projete au dessus des montagnes, et laissant sur la mer tranquile, des vagues dormantes. Le ciel se coiffe d'une douce aquarelle enflammée, que quelques nuages amuse.
L'apaisante fin de journée a sonné. Sa parure s'offre tendresse pour tous les amoureux de nature...
C'est ainsi que si régulièrement je me laisse emporter sur des souvenirs qui eux se réveillent à chaque coucher de soleil. Ces régulières plongées me disent que j'étais bien bougeante durant mes années Algerie...
Des souvenirs colorés et jalonnés d'anecdotes.
Je vous embarque avec moi, pour une plongée dans l'une d'elle.

Ce que j'ai oublié, c'est comment j'ai pu atterir chez les religieuses. Notamment dans l'une des associations catholique, dite : Jeunesse Ouvrière Catholique (J.O.C). D'autant que je ne travaillais pas encore.
Je n'ai fait qu'un court passage parmi eux, mais je pense que durant quelques années  ma folle balade, ils ont eu  du mal à  l'oublier.

C'était le temps où on organisait des camps pour la jeunesse. Filles et garçons étions bien encadrés. Celui 
que j'ai connu se composait également d'une religieuse et d'un prêtre. J'avais 14 ou 15 ans.
Je revois les tentes dressées. Ces tentes dont la couleur militaire sonnait déjà le couplet. Tout le monde dormait sous le même toit, avec un rideau de séparation entre filles et garçons. Un coin pour le rangement cuisine, et autres ustensiles indispensables. A charge pour les campeurs de ranger leur coin nuit.
Le soir, lors des veillées, les chansonnettes nous étaient offertes au son de la guitare.
Au milieu d'une nature luxuriante, tout aussi parfumée que colorée, nous avions pris nos marques.
Etant proches d'un ruisseau, celui-ci nous chantait la douceur de ses clapotis continus. Grillons et cris de certains petits animaux nocturnes, nous servaient de calines douceurs. 
Lorsque nous étions sous nos tentes, allongés sur nos matelas, certaines petites bêtes s'amusaient à tourner autour de notre toile. Glissements imperceptibles. Petits chocs incompréhensibles. La nuit profonde etait remplie d'inconnus mouvements.
Mais c'était aussi l'occasion parfois de s'en aller dans de grandes discussions entre filles. Rire garanti sous la toile... et d'impératives demande de silence.

Les charges étaient équitablement partagées. Pas une seule seconde, je n'en ai douté.                                       
Seulement, les corvées de vaisselle ou du rangement autour des tentes, ce n'était pas très passionnant.
Il nous semblait même que les garçons en oubliaient d'être rappelés aux joies des tâches ménagères. Un petit détail pas très au goût des filles... en plus, ces longues journées à se raconter, ou à chanter en grattant l'instrument du camp, me semblait un peu trop tranquile. Ceci ajouté aux corvées, mon esprit s'est mis à vagabonder.
Un jour je soumis une idée à mes deux plus proches compagnes. Au départ cela leur sembla un peu fou. Et irréalisable, bien sur. Ce qui n'empêcha pas à la chose de faire son bout de chemin dans leurs têtes.

Elles aussi voulaient mettre de la couleur dans leurs journées.
Donc, ce qui germa, s'insinua petit à petit et devint enfin l'objectif.
Nous parcourerions villes et villages... en auto-stop !
Tout fut planifié dans le moindre détail. Je parle du parcours, évidemment. Car nous n'avions pas le moindre sou en poche. C'était le chef de camp qui détenait notre pincée d'argent de poche.
Il nous fallait toutefois convaincre un garçon plus agé que nous, pour nous servir de protecteur.  Cela faisait plus sérieux.  Et  faire du stop comportait un certain risque comme on nous l'avait si souvent répêté.
Nous ne choisîmes pas n'importe quel gars. Il s'agissait du moniteur du groupe. Pourquoi pas ?
Je me demande, aujourd'hui encore, comment il avait pu accepter de nous suivre dans notre délire de gamines...
Avec peu de bagage, nous primes la clef des champs, à l'aube, un certain jour.

Avec beaucoup de complaisance, les voitures se sont arrêtées. Un peu à pieds, puis beaucoup en voiture, nous avons parcouru des kilomètres. Le plaisir était immense, complet. Une visite sur des terres sèches ou très verdoyantes. Nous prenions le temps de visiter, de fouiller la nature. Nous nous exclamions sur tout. Et nous rigolions énormément. Mentalement, la cueillette de paysages superbes nous ont semblé venir à notre rencontre.
Premier objectif : Tizi-Ouzou. Nous n'en étions qu'à quelques kilomètres.
Que faire une fois sur place ? Où manger, et surtout avec quoi ? Notre homme du groupe n'avait que peu d'argent lui-même. Et le projet était de tenir jusqu'à la fin des vacances...
Mon idée fut adoptée à l'unanimité : Proposer au restaurateur de faire sa vaiselle du midi avant de reprendre la route. Installés dans un restaurant modeste, j'explique l'offre au patron des lieux. Rires de sa part. Mais il accepte !
Je crois qu'il doit rire encore devant le culot de notre jeunesse.

Je dois vous préciser que c'était l'époque après l'indépendance.
Ce qui a effrayé les responsables du camp lorsqu'ils ont constaté notre escapade. Ma mère était dans tous ses états, selon ce que j'ai su. Ce qui n'a pas empêché mon père de penser que toutes mes idées allaient toujours dans le même sens. Celui de l'aventure et du pied de nez aux règles... Pas d'avis de recherche donc, sur nous.
On attendrait le retour des campeurs en vadrouille.

Quand à nous quatre, nous avons vécu des moments tellement agréables.
Les gens ont été généreux. Chaleureux au possible. Car nous fumes invités chez l'habitant durant ce parcours, lorsque nous vagabondions loin des villes.
Je crois bien que je n'ai jamais eu conscience d'aucun danger.
Les faits ont toujours confirmé que la peur ou la méfiance n'est pas vraiment le chemin qui mènent jusqu' aux portes du coeur des gens.
Les algeriens n'ont jamais changé à mon égard. Je n'ai jamais ressenti de l'hostilité de leur part.
Il y a eu quelques petits malentendus, mais vu mon état d'esprit aventurier, il était évident que parfois de petites confrontations pouvaient survenir.
J'ai vraiment aimé ces années là !

Mon besoin de bouger, d'espace, j'ai pu y toucher, largement... ce fut un bonheur que d'avoir pu le faire.
D'avoir osé le faire.
Ces plongées dans ce merveilleux pays, fait briller mon regard, dès que je fais des retours.




Les rues où se baignent les rayons brulants... Vides à certaines heures de la journée en été...
Même le peu de mouvement donne une certaine forme au regard qu'on pose sur elles.
Magiques même dans ce qui fait la pause qui invite à la sieste.




Les gens affairés autour des étals. Les vendeurs presque en sommeil. Les passants allant de leur pas tranquile.
Une flânerie qui s'impose d'elle-même...




J'aime ces rues... ces gens généreux... ces villes au regard différent....

et les paysages fabuleux... délicieusement invitant.


Par Mariliane - Publié dans : Voyages - Communauté : ALGERIE DECOUVERTE
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  • : Mariliane
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  • : 29/07/1948
  • : lecture curieuse écriture matinale Ballades nature
  • : L'écriture me fait toujours voyager. Elle m'emporte sur les routes de l'Algerie, très souvent. Mon monde est peuplé d'imaginaire. L'humour a sa place dans mes échanges avec les autres. Je me pose volontier sur la lecture.

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